26 April 2006

Obésité, niveau de vie et industriels

Je suis tombé sur cet excellent article du Monde aujourd'hui:
C'est une critique (positive) de l'excellent ouvrage des docteurs Jean-Michel Cohen et Patrick Sérog, Savoir manger: Le guide des aliments (Flamarion, �18 et des poussieres sur Amazon.fr).
Le livre revient sur les facteurs expliquant la distribution inégalitaire de l'obésité en défaveur des populations moins favorisées ("La prévalence de l'obésité atteint 17 % dans les foyers disposant d'un revenu mensuel inférieur à 900 euros, contre 8,1 % dans ceux vivant avec plus de 5 300 euros par mois."):
  • moins les aliments sont chers, plus ils sont sucrés, salés et gras (c'est moins cher de faire des aliments avec du glutamante que du boeuf). C'est ce qu'on appelle la densité calorique.
  • meme chose pour les addititifs
  • les légumes sont devenus au fil du temps chers, en plus de prendre plus de temps a préparer (je cherche la source de la tendance du prix des légumes corrélé a celui du sucre et des graisses hydrogénées)

En plus de ces explications "industrielles", il faut ajouter les facteurs comportementaux (moins on est éduqué, moins on fait de sport, plus on passe de temps devant la télé, etc...). Ici encore, je suis a la recherche de sources documentant ces tendances.

Autre tendance comportementale, les gens passent de moins en moins de temps a cuisiner. La GB et les USA ayant plusieurs décennies "d'avance" dans la malbouffe, je me suis livré a quelques sondages: 8/10 personnes en dessous de 30 ans ne savent pas faire une vinaigrette et en achetent toutes pretes (elles sont presques toutes sucrees). Et dans un bureau, 4 personnes sur 6 n'avaient jamais vu une figue. Cela n'est pas pres de s'améliorer, meme au sein des professionels (écouter les podcasts de Coffe: Le CAP de cuisine -1, Le CAP de cuisine -2)


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1 comment:

Ludovic Windsor said...

J'ai recu le commentaire suivant de Jacqueline, et me permet de le poster ici:
"Le livre dont tu parles a eu pas mal d'échos, particulièrement au niveau des produits "premier prix" en supermarchés.
J'ai visité il y a quelques années une université américaine à Georgetown, je crois. Le campus était peuplé de blondes longilignes et j'ai demandé au doyen : "mais comment font-elles ? Elles sont toutes minces et on ne parle que de l'obésité galopante des Américains." A quoi elle m'a répondu, horrifiée "mais Jacqueline, les gros ce sont les pauvres ..."
Je viens de lire un article où une oenologue déclare que le déclin des vins français est dû à l'arrogance avec laquelle les vignerons ont vendu très cher des vins de faible qualité, dont les Bordeaux. La deuxième raison est que déboucher une bouteille de vin n'est plus un moment culte; la troisième que les vins étrangers sont appréciés parce qu'ils sont doux et que le sucré est un goût primaire qui ne demande ni analyse ni subtilité. J'ajouterai que, étant un rappel de l'enfance il est immédiatement plébiscité et camoufle tous les produits bas de gamme, comme le chocolat grossier que l'on fourre dans toute la biscuiterie industrielle pour enfants."